Un badge perdu, un nouveau colocataire, un enfant qui rentre seul du collège : les raisons de vouloir un exemplaire supplémentaire ne manquent pas. La réponse en boutique varie pourtant du tout au tout selon l'immeuble.
La différence ne tient pas au prestataire, mais à la technologie du badge que vous tendez au comptoir.
Badge Vigik et badge résident : ce ne sont pas les mêmes badges
Premier malentendu à lever. Le standard Vigik a été développé avec La Poste pour régler un problème précis : donner aux facteurs, livreurs et techniciens un accès aux parties communes sans distribuer de clé permanente.
Ces badges de prestataires sont rechargeables et à validité limitée dans le temps, souvent quelques heures. Ils sont pilotés par le gestionnaire du système et ne se dupliquent pas.
Le badge que vous avez sur votre porte-clés, lui, est un badge résident. Il est enregistré dans la centrale de l'immeuble et fonctionne en permanence. C'est celui-là, et lui seul, dont on parle quand on évoque une copie.
125 kHz ou 13,56 MHz : c'est la technologie qui décide de la copie
Les badges résidents se répartissent en deux grandes familles, et c'est ce qui décide de tout.
La basse fréquence à 125 kHz correspond à l'ancienne génération. Le badge diffuse un identifiant en clair, sans chiffrement. Il se lit et se réécrit facilement, ce qui explique que la copie prenne deux minutes et coûte quelques dizaines d'euros.
La haute fréquence à 13,56 MHz, type Mifare, équipe la majorité des installations récentes. Quand le chiffrement est activé, l'identifiant n'est plus lisible directement et la duplication devient techniquement hors de portée d'un atelier de quartier.
Les déploiements les plus récents ajoutent une couche anti-copie explicite, pensée pour que seul le syndic ou le gestionnaire puisse émettre un badge supplémentaire.
Comment savoir si votre badge est copiable avant de vous déplacer ?
Quelques indices simples avant de vous déplacer.
Un badge ancien, en plastique épais, sans marquage particulier et posé dans un immeuble dont l'interphone date d'avant 2010, a de bonnes chances d'être en 125 kHz.
Un badge fin, souvent noir ou blanc, avec un numéro de série gravé et une mention du fabricant, sur une installation récente, est très probablement en 13,56 MHz protégé.
Dans le doute, la seule certitude vient du test en boutique ou d'une question au syndic, qui connaît la référence de la centrale installée.
Combien coûte une copie de badge, et pourquoi passer par le syndic ?
Une copie chez un prestataire spécialisé se situe entre 14 et 60 euros selon la technologie, avec un tarif dégressif dès deux ou trois exemplaires.
La voie officielle passe par le syndic ou le gestionnaire de l'immeuble. Elle est parfois plus lente, mais elle a un avantage réel : le badge est enregistré dans la centrale, donc désactivable en cas de perte. Une copie sauvage, elle, reste active tant que l'installation n'est pas repurgée.
C'est un argument à ne pas négliger. Si vous perdez un badge dupliqué hors circuit, personne ne peut le neutraliser individuellement.
Est-il légal de faire copier son badge d'immeuble ?
Sur le plan juridique, dupliquer un badge dont vous êtes titulaire, pour votre propre logement, n'est pas interdit par la loi dès lors qu'aucune mention de copie interdite ne figure sur le support et que ses données ne sont pas protégées.
En revanche, beaucoup de règlements de copropriété imposent un circuit fermé de distribution. Cette clause n'a pas la force d'un brevet, mais elle vous engage vis-à-vis des autres copropriétaires.
Le bon réflexe reste donc de prévenir le syndic, ne serait-ce que pour garder une trace du nombre de badges en circulation dans l'immeuble.



